Se la notte

Se la notte ha un nome è il tuo
perché il giorno fiorisce se mi pensi
*
If the night has a name it’s yours
because the day blooms if you think to me
Rossella Pompeo

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Il cammino e’ luce

Il cammino e’ luce
di infinita fonte
tutto intorno a noi e’ amore
dovunque perdona
incontra e scusa e
scusandoti comprendi che
il perdono e’ l’amore che dai a te
*
The path is light
of infinite source
everything around us is love
everywhere you forgive and
meet and excuse and
excusing understand that
forgiveness is love you give to you
Rossella Pompeo

À plus mon jeune ami cip-cip

Buongiorno il gran freddo e’ alle porte! ricordiamoci di lasciare briciole di pane sui davanzali e sui terrazzi x i nostri indifesi amici con le ali…!

Te regarder
doux et petit
par la fenêtre

Après m’avoir appélé
pour si longtemps
avec un si petit cip-cip

Ouvrir te retrouver
sur l’étendoir

Te donner des miettes
de pain et…

te voir t’en fuir

À plus mon jeune ami
cip-cip
Ross, 4 novembre, da: “Le storie del mattino”

Asli Erdogan: « La prison t’aspire l’âme, maintenant je n’arrive plus à écrire »

Sul quotidiano francese L’Autre Quotidien e qui di seguito la mia traduzione dell’intervista di Marco Ansaldo alla scrittrice turca Asli Erdogan pubblicato su Repubblica:“Il carcere ti succhia l’anima ora non riesco più a scrivere”
Sur L’Autre Quotidien, et ici ma traduction de l’article de Marco Ansaldo paru sur le quotidien Repubblica :
Aslı Erdogan: « La prison t’aspire l’âme, maintenant je n’arrive plus à écrire »

La prison, Dante, la Turquie. Ce soir l’écrivaine est au Festival Adriatique Méditerranée d’Ancône, où elle reçoit le “Prix 2017 pour son engagement pour la liberté d’expression et les droits civils en Turquie.” Elle dialoguera à 18h30 avec Marco Ansaldo à la Loge des Marchands
ISTANBUL Aslı Erdogan donne rendez-vous à la Pâtisserie Gezi, pile devant le Parc Gezi, symbole de l’insurrection en 2013 à Istanbul et dans toute la Turquie.
Pourquoi nous voir ici?
« Parce que c’est un endroit familier, un très beau repère. On y rencontre toujours beaucoup de gens et moi je l’aime beaucoup. »
Vous étiez au Parc Gezi pendant ces jours difficiles?
« Bien-sûr, au milieu des protestations. Je me rappelle encore quand je me suis trouvée,tout seule dans la rue, avec un blindé devant. Regardez mes bras : ici, ici et encore ici. Ils sont encore pleins de brûlures, suite aux agents chimiques lancés par la police. Vous n’imaginez pas combien j’ai pleuré durant tous ces jours avec les gaz lacrymogènes. Vous voyez cet immeuble sous lequel nous nous trouvons? »
C’est le Centre culturel Ataturk : ici été suspendu un portrait colossal du fondateur de la Turquie moderne et à la Place Taksim et au parc Gezi la foule le regardait pendant qu’il résistait aux charges. Dans toutes les places du pays, on a imité cet homme qui protestait debout en silence pendant des heures. Sans parler des gens qui se recueillaient, pour les mêmes raisons, avec un livre à lire à la main.
« Oui. Et maintenant cet immeuble va tomber. Le visage de Mustafa Kemal Ataturk était un symbole pour tous ceux qui allaient manifester durant ces jours. Maintenant on va faire ici un grand centre commercial et construire une mosquée. »
Aujourd’hui Asli Erdogan est une femme fière et sensible, qui n’a pas perdu confiance dans son prochain. Même si les quatre mois et demi passés en prison en 2016 – avec l’accusation de soutien au terrorisme seulement pour avoir fait partie du conseil d’administration d’un quotidien pro-kurde (le procès est toujours en cours)– jusqu’à la la libération surprise à la veille du Nouvel An, l’ont durement secouée dans le corps et dans l’esprit. Depuis qu’elle a récupéré son passeport, elle a commencé de voyager et d’aller recevoir les nombreux prix qui lui ont été décernés: en France, où elle a été reçue par le Président Emmanuel Macron, puis en Allemagne où elle a reçu le prix Erich Maria Remarque et participé à la Foire du livre de Francfort. Maintenant en Italie, où elle espère trouver réconfort et surtout la force nécessaire pour revenir à l’écriture.
Elle vient en Italie pour la première fois en qualité d’écrivaine. Comme partout dans le monde, on s’est beaucoup inquiété pour vous.
« Je le sais. De l’Italie je ne ressens que du bon, mais je ne peux pas dire que je la connais. Ce soir au Festival Adriatique Méditerranée d’Ancône je parlerai et je recevrai un prix dont je suis très fière. Mais je n’ai jamais été à Florence, où j’irai enfin demain. Je n’ai jamais visité Rome, et j’attend un jour de voir Naples, la Sicile et tout le Sud. Je me rappelle encore quand, à vingt ans, amoureuse de Dante Alighieri, je lisais l’enfer de la Divine Comédie en mettant devant moi trois livres : la version en turc, la traduction en anglais et l’original en italien. Votre langue possède pour moi quelque chose de magique. »
Et la Turquie d’aujourd’hui?
« Sa seule pensée m’effraie. Parfois la situation actuelle me rappelle l’Allemagne des années trente. Et il n’est pas nécessaire qu’ils mettent des camps de concentration pour faire une comparaison avec le passé. »
Durant les journées de de Gezi, Orhan Pamuk (prix Nobel de littérature) a écrit un article sur le parc, en rappelant que lorsqu’il était enfant, sa famille avait trouvé le moyen d’empêcher l’abattage d’un seul arbre. Il vous a toujours défendue quand vous étiez en prison.
« Oui, je sais qu’Orhan était très préoccupé pour moi. Aujourd’hui il est vraiment notre plus grand auteur.
Avec Elif Shafak. Mais tous les écrivains ne sont pas restés à mes côtés. Une fois je me suis trouvée à un événement avec un collègue, et il s’est tourné de l’autre côté. Je me suis demandée ce que j’avais fait. Puis je l’ai découvert : j’avais signé un appel au service de quelques intellectuels, mais il était sur un autre front évidemment.… »
Que rapports avec vous eu avec le grand romancier d’origine kurde Yashar Kemal, disparu depuis peu ?
« C’était un homme délicieux. Une fois, avec son air paternel, il était venu chez moi et me dit: “Je le sais que tu es pauvre. Rappelle-toi : n’aie jamais honte “. Comment le savait-il ? »
Mais aujourd’hui vous êtes traduite dans le monde entier, vos livres sont publiés en 21 Pays…
« Regardez… je ne sais pas. C’est ainsi. Je vous donne un exemple, concernant votre Pays. N’est-ce pas étrange qu’en Italie pendant des années il n’y ait eu qu’un seul des mes livres, et d’autre part l’un des premiers, Le mandarin miraculeux – publié courageusement par les éditions Keller. J’ai vu que maintenant les éditions Garzanti ont publié mon recueil de textes, Même le silence n’est plus à toi. Je me demande pourquoi les autres livres ne sont pas sortis. Pourtant j’ai écrit huit romans. Il y a cet autre livre, Le bâtiment de pierre, mon dernier, auquel je tiens beaucoup, construit avec une trame étrange et asymétrique, et qu’ailleurs, en Allemagne par exemple, a beaucoup intéressé. Enfin quoiqu’il en soit, que mes livres arrivent dans les mains de lecteurs et leurs plaisent me suffit. »
Parvenez-vous à écrire, depuis votre séjour en prison ?
« Non ».
Pourquoi ?
« Ce n’est pas facile, vous savez ? La privation de la liberté vous aspire l’âme, vous tarit. L’arrestation fut un choc pour moi. Comme écrivaine, ils sont en train de me tuer. La nuit je ne dors pas : j’attends encore qu’arrivent des policiers. La journée je fatigue à m’organiser. Je dois penser à rester en vie. Je ne sais pas ce que je serai l’an prochain. Je prends la littérature très sérieusement, et pour moi l’acte d’écrire nécessite de la concentration. En prison, je n’avais pas de table, il me manquait mes choses, ma maison. Pour écrire une phrase qui mérite d’être lue, il faut parfois une vie. Oui, quand j’étais en prison j’ai écrit quelques notes. Mais j’étais au milieu de 24 femmes. Et heureusement qu’elles étaient là. Je ne sais pas comment j’aurais tenu. Il y avait aussi le réconfort de recevoir lettres, çà aussi c’était important. »
Avez vous eu ouïe dire du soutien de la communauté intellectuelle?
« Bien-sur. Il a été décisif. Et les prix qui m’étaient assignés tour à tour étaient pour moi source de grand réconfort. Et maintenant je compte aller les recevoir tous, si c’est possible. »

Je suis depuis le début les tristes événements liés à la vie de l’écrivain turque Aslı Erdogan. Elle se trouvait en Italie et j’ai traduit pour mon plaisir et pour ce des mes amis françaises cet article paru sur la presse italienne !

Seguo sin dall’inizio le tristi vicende legate alla vita della scrittrice turca Asli Erdogan che nei giorni scorsi si trovava in Italia. Ho tradotto per il mio piacere e per quello degli amici francesi questo articolo apparso sulla stampa italiana. Evviva la liberta’! Asli Erdogan: “Il carcere ti succhia l’anima, ora non riesco più a scrivere”
Roma, il 27 Ottobre, 2017

L’oeil d’Allah, une bizarre coïncidence

Il y avait un jour un oeil
il s’appellait oeil d’Allah

Il y avait un jour une femme
elle s’appelait Aslı Erdogan

Il y avait un jour un corps
tué par la tristesse

Des yeux entourés par des blanches mures
qui ne murmuraient que paroles de mort

Des bras des mains incapables d’écrire
plus aucuns mots prononcé par la conscience

Tout s’était éteint
seule une femme était restée

Il y avait un jour un oeil
il s’appellait oeil d’Allah

Il avait une fonction :
porter des clef bleus comme l’oeil même

Les clef de ma maison depuis que
je n’y irais plus si souvent

Un vieux souvenir de Turquie de ma mère
à mon frère de mon frère à moi

Mes clef les clef de la liberté d’y être
d’y rester d’y amer dans un espace appelé :

famille

Dans un espace redevenu libre de respirer :
l’amour

Les clef le mêmes appellées passport celui de Aslı Erdogan
redevenue libre d’aller partout dans le monde où le monde veut

L’accueillir et où elle peut renaître une nouvelle vie
nommée cette fois :

E S P O I R
Rossella Pompeo
Oeil